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L’étonnante histoire du motif Paisley/Bandana

Le motif Paisley / Cachemire, en forme de goutte, est originaire d’Iran. Son histoire précise n’est pas connue, mais c’est très probablement un motif floral, avec un augure favorable, très utilisé en Iran et par les peuples perses.



Ce motif est arrivé en Inde avec l’invasion des Moghols, descendants de Tamerlan (ou Timour) au 16ième siècle. Il fut notamment utilisé dans la région du Cachemire pour décorer les châles. Le mot Pashmina est d’ailleurs aussi issu du Persan, et signifie « fait en laine ». Et si Cachemire est le mot utilisé pour cette laine de chèvre, mais aussi pour le motif, c’est simplement parce que c’est au Cachemire que les Européens ont « découverts » simultanément cette laine et ce motif.

Ces châles et motifs, puis les tissus orientaux de manière générale, ont d’abord été importés par la Compagnie britannique des Indes orientales. Puis, directement des comptoirs, français inclus, pour arriver notamment via le port de Marseille (17ième siècle). Devant leur succès, ils ont commencé à être produits localement. En effet, c’est à Marseille que l’on situe le début des cotonnades indiennes avec des motifs indiens / orientaux. Marseille était déjà connu pour ses « cotonies », voiles de bateau en chanvre et lin et grâce à une communauté arménienne, sous Colbert, ils ont acquis les techniques indiennes d’impression sur coton. Tout cela donnera naissance plus tard aux tissus provençaux, où l’on retrouve les motifs « cachemire » avec les palmettes, les herbes, et autres motifs floraux.

Et pourquoi Paisley? C’est le nom d’une ville écossaise, avec une forte industrie de tissage, où l’on produisait notamment des châles qui devinrent emblématiques en Grande-Bretagne.

Le motif Paisley est redevenu à la mode au début du 20ième en Angleterre, avec Liberty (sur les tissus, mais aussi sur la porcelaine, les tapis, … Puis dans les années 60, avec les Beatles (cf., par ex. la Rolls Royce Paisley de John Lennon), le mouvement psychédélique, … les années 70 avec notamment Yves Saint Laurent … Puis dans les années 80, avec, par exemple le Paisley Park de Prince … etc.

Et le Bandana? Ce mot vient de l’Hindi (on y revient), où il signifie lien, bandeau. Les carrés de coton se sont propagés en Europe au début du 19ième siècle, pour être utilisés comme mouchoir, châle, foulard, serviette … Leur production a notamment commencé à Glasgow, où un entrepreneur écossais construisit une usine pour en fabriquer et les appela "Bandana". On voit alors naître toutes sortes de bandanas mais un motif surpasse les autres : le fameux Paisley. Un come-back innatendue.... Personne ne l’avait vu venir, mais le voilà qui fait pourtant un come-back fracassant à l’approche de l’été. L’imprimé bandana caracole en tête des tendances de la saison, détrônant même les autres motifs-stars repérés sur les podiums printemps-été. Adieu donc, pois noirs et blancs, rayures de zèbres et autres dessins évoquant la nature : place au bandana. Un rapport de Stylight Insights, la plateforme de recherche mode, beauté et design, note en effet que le terme « bandana print » a connu une augmentation de 121% au cours des trois derniers mois sur Google Trends aux États-Unis. Une vague imprimée qui s’apprête désormais à déferler sur les dressings du monde entier.

Au rayon des tendances-phares des années 90 et 2000, il ne manquait plus que le bandana. Et si ce dernier fait partie des accessoires les plus en vue de l’été 2020, son imprimé s'impose quant à lui sur de nombreux vêtements et accessoires. Sacs, jupes, robes, sandales… reconnaissable entre mille, ce motif cachemire (ou paisley) traditionnellement décliné en trois couleurs sur une base de blanc et noir, est partout. Dans quelle pièce investir pour être sûre d’être à la pointe de la mode cet été ? Une paire de sandales façon « souliers de randonnée » de la marque Arizona Love, griffe française née en 2018 sous l’impulsion de Leslie Halfon. C’est un été passé sous le soleil de l’Arizona qui inspire à la designer ces sandales aussi chic que confortables, loin des modèles pensés pour le trekk pur et dur. Les brides sont faites de bandanas vintage, et se déclinent dans une série d’imprimés colorés parfait pour l’été. Une nu


ée de griffes se sont empressées de lui suivre le pas, la preuve ci-dessous.


Source : Polinacouture (2019) et Vanityfair (10/06/2020)



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